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Le Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre présente :

du 24 juin au 16 octobre 2011


Parcours photographiques

Exposition Parcours photographiquesA travers une centaine d’œuvres, sur le thème du photographe-marcheur choisi en commun avec le Musée de la Photographie André Villers à Mougins, l’exposition présentera les parcours photographiques de onze auteurs, connus ou émergeants, qui témoignent de la richesse et de la diversité de la création photographique contemporaine sur notre territoire.

Face à un ensemble important réalisé par ce grand "homme-marcheur-photographe" qui sillonne le monde qu’est Gabriele Basilico, qui a porté, en 1994, son regard objectif sur l’architecture de la Ville de Nice et aux images de cet éternel voyageur qu’est Bernard Plossu, chacun a choisi son terrain d’investigation : l’environnement urbain pour Galith Sultan, Olivier Monge ou Lionel Bouffier ; le littoral pour Jean-Pierre Fernandez et Laurent Therese ; les grands espaces du Mercantour pour Eric Bourret ou les endroits intimes pour Michel Graniou et Frédéric Nakache. Nicolas Frémiot, lui, a tissé un lien photographique entre les différents lieux des manifestations en prenant Mougins comme point de départ.

Une grande diversité dans ces itinéraires photographiques dont les auteurs pour la plupart vivent et travaillent à Nice et alentours, ou y ont séjourné à l’occasion de ces réalisations. Ces images visent à mettre en évidence les spécificités de notre région qui a toujours été source d’inspiration pour les artistes. Elle demeure incontestablement un terrain propice à la création offrant d’infinies possibilités à ces photographes qui marchent, flânent, traversent la ville ou arpentent les grands espaces et dont l’œil est en permanence à la recherche de la célébration de la lumière et de la beauté.

Cette exposition s’inscrit dans le cadre de la manifestation "L'art contemporain et Côte d'Azur - Un territoire pour l'expérimentation 1951-2011". Elle a été réalisée en collaboration avec le Musée de la Photographie André Villers à Mougins.

MFB


Tous sont photographes et ont pour passion commune la marche. Infatigables, obstinés, ils parcourent les villes, arpentent les paysages, mus par l’obsession d’aller toujours de l’avant, quoiqu’il arrive, sans but perceptible, pour voir, prendre et partager.

Quartier Pasteur - Basilico
Pasteur, 1994 © Gabriele Basilico
Collection Théâtre de la Photographie
et de l’Image Charles Nègre

Si la France est son pays d’adoption, Milan reste sa ville. Mais en réalité, le photographe italien Gabriele Basilico est partout chez lui, à Paris, Rome, Modène et Fos-sur-Mer, à Francfort, Barcelone et Beyrouth, à Berlin, New-York et Nice qu’il a observée en 1994. Photographe de la condition urbaine, il montre les cités du monde depuis trente ans, explore le paysage contemporain sous tous ses angles, relate toutes ses transformations. "Je me considère comme une espèce d’écrivain qui utilise le regard pour comprendre, explique-t-il. J’ai besoin de raconter les villes, alors je marche, je regarde, je prends conscience du lieu. Une histoire se définit entre la ville et moi. Puis je photographie". La démarche est rigoureuse, souvent par série. L’artiste travaille en noir et blanc, aux heures du jour les plus désertes et privilégie le grand format. L’attention portée au cadrage, la finesse du détail démontrée par un tirage parfait confèrent une beauté certaine au paysage urbain. L’artiste est un architecte de la photographie.

Nice, 1993 - Bernard Plossu
Nice, 1993 © Bernard Plossu
Collection Théâtre de la Photographie
et de l’Image Charles Nègre
Photographe atypique, Bernard Plossu chemine en solitaire, en marge des modes et de la photographie plasticienne, depuis près de cinquante ans. Qu’il traverse la jungle des Chiapas ou les déserts d’Afrique, l’Inde ou l’Andalousie, la Réserve géologique de Haute-Provence ou les sentiers de l’île de Porquerolles, l’artiste photographie comme il respire : "La photographie parle de tous les moments apparemment sans importance qui ont en fait tant d’importance". Il s’agit d’un geste inscrit dans le mouvement de sa vie : "J’ai eu besoin de faire des photos dès l’âge de 11 ans". "Pour faire de bonnes photos, il faut être bien chaussé…", se plaît-il à répéter. La marche est pour lui le "rythme naturel de la curiosité". Elle est aussi une méditation active au cœur d’une nature parfois aride et austère. A contre courant de la photographie contemporaine, avec pudeur, sensualité et émotion, Plossu adopte des petits formats pour partager ce qu’il voit. L’artiste restitue la grandeur de la nature par la miniature : "Elle concentre la lumière, impose au spectateur d’entrer dans l’image".

 Mercantour,  novembre 2010 © Eric Bourret
Mercantour, novembre 2010 © Eric Bourret
Depuis quelques années, Eric Bourret s’est résolument tourné vers les grands espaces naturels qu’offrent les montagnes et tout particulièrement les Alpes françaises. A l’occasion de cette exposition, il nous rend compte de ses longues marches dans le Mercantour. "Je parcours les paysages pour capter les possibilités plastiques de la puissance tellurique qui s’en dégage", explique-t-il. Ses photographies ne sont jamais figées, il les met en mouvement. Techniquement, il superpose sur le même négatif de six à neuf impressions du même point de vue réalisées à plusieurs minutes d’intervalle. "De cette manière, j’obtiens une oscillation du sujet photographié, l’espace vibre. D’autre part, la saisie qui en résulte capte simultanément l’échelle temporelle humaine et celle géologique. La sensation solide ou fluctuante des territoires que j’arpente tend à désigner le champ d’investigation comme un espace permanent de mutation. Avec ce mode opératoire, j’assume pleinement l’indétermination qui en résultera, ce qui me permet de me concentrer sur la saisie de la nature appréhendée comme un corps vibratoire. Cet aléatoire provoque une tension qui évacue partiellement la saisie photographique comme acte prémédité et brouille les données perceptives pour ouvrir l’horizon aux interprétations métaphysiques". Bourret transfigure le visible, s’amuse à corrompre l’idée de réel.

Michel Graniou
© Michel Graniou
Depuis plus de quarante ans, Michel Graniou arpente les chemins tortueux du territoire dont il se ressent comme une composante, non comme un explorateur. Le photographe, en contact permanent avec la peinture et l’architecture, travaille à la chambre, de la manière la plus traditionnelle. C’est ainsi qu’il donne réalité à l’image mentale qu’il a créée, celle d’une trace éphémère oubliée dans les herbages, d’une calade antique, de colonnes millénaires, de branchages enlacés croisés sur le bord d’une venelle, d’un monde qui disparaît. L’artiste prend le temps, sa photographie peut être qualifiée de méditative. "La photo argentique noir et blanc est pour moi un moyen privilégié de parler de la dualité, précise-t-il, de l’ombre et de la lumière de la vie et de la mort, d’un monde souterrain et d’un monde aérien, du temps bien sûr". Il y a aussi l’atmosphère si particulière de ses cyanotypes aux bleus brumeux qui rendent l’image étonnamment plane. Michel Graniou est convaincu qu’"on est loin d’avoir tout dit avec l’argentique, mais qu’il faut surtout que les savoirs ne disparaissent pas".

Colomars, 2010 © Nicolas Frémiot
Colomars, 2010 © Nicolas Frémiot
De Mougins à Menton, 130 kilomètres, 13 jours de marche : c’est le projet qu’a entrepris Nicolas Frémiot en découvrant pas à pas la Côte d’Azur où il n’avait jusque là jamais encore réellement travaillé. En milieu urbain et rural, à partir de tracés de G.R., il vagabonde au cœur de la géographie, de l’architecture, de l’histoire et de l’aménagement du territoire. Photographe depuis la fin des années 1980, il s’est d’abord attaché au portrait pour questionner les rapports sociaux. Au début des années 90, il parcourt les îles bretonnes et entame ainsi une longue marche à la rencontre des paysages, de paysages qu’il se fabrique au long des sentes quand les souvenirs remontent à la surface, confrontant le rêve et la réalité. "La vie quotidienne altère notre perception, affirme-t-il. La marche à pied permet d’appréhender le paysage. Marcher c’est ainsi reconquérir l’espace. A pied, les lieux que nous fréquentons restent reliés. Plus qu’un moyen de locomotion, la marche est une autre façon d’envisager le monde".

Nice, 2010 © Jean-Pierre Fernandez
Nice, 2010 © Jean-Pierre Fernandez

Constituées de plusieurs prises de vues, les photographies de Jean-Pierre Fernandez s’étendent en longues bandes horizontales fragmentées. Elles sont faites de juxtapositions et de superpositions qui donnent un rythme à l’image et amorcent la narration. Inspiré par les missions héliographiques et photographiques de la Datar,  Jean-Pierre Fernandez s’intéresse aux bords de mer. Son projet : présenter dans leurs diversités les espaces côtiers européens appelés à muter très rapidement dans les prochaines décennies notamment à cause du réchauffement climatique : sites industriels, ports de plaisance, de commerce, architectures balnéaires, bords de mer délaissés à la morte saison et envahis l’été. Dans une recherche permanente de vérité, l’artiste a choisi la photographie argentique avec un Holga : " la part d’aléas inhérente à cet archaïque boîtier en plastique procure un charme et une authenticité à l’image qu’une technologie performante lisse et supprime".  Le regard poétique que pose l’artiste sur des lieux que nous connaissons tous porte son travail bien au delà du simple documentaire.

Nice, 2010 © Laurent Thérèse
Nice, 2010 © Laurent Thérèse
Le regard que pose Laurent Therese sur la Riviera est sans complaisance. Sans doute parce qu’il est niçois d’origine. Sa rencontre avec la photo se fait en Syrie, l’été 2004, où le mènent ses études d’histoire ancienne.  Il tâtonne quelques temps avec la couleur sans satisfaction avant de passer au noir et blanc en argentique : "Au delà des apparences, j’aime avant tout la beauté de la simplicité". Ses influences sont essentiellement cinématographiques : Federico Fellini, John Ford, Akira Kurosawa. "Les films m’influencent et m’inspirent. Je reproduis des ambiances, comme si j’avais une caméra dans la tête.", explique-t-il. Ces derniers temps, il arpente les Riviera, française et italienne, de Cannes jusqu’à Savone. Ses images, classiques, sont toutes prises dans des lieux accessibles par tous, à pied ou en bus, des espaces généralement très touristiques. Sans aucune mise en scène, Laurent Therese, sort de la carte postale, capte les choses telles qu’elles sont : "C’est ainsi que je vois les paysages, de manière décalée, j’aime mettre en évidence ce qui est sous nos yeux et que personne ne voit".

Nice, jardin du Régina, 2009 © Galith Sultan
Nice, jardin du Régina, 2009 © Galith Sultan
Collection Théâtre de la Photographie
et de l’Image Charles Nègre
Les photographies numériques de Galith Sultan éclatent de couleur. La promeneuse s’est aventurée dans les parcs et jardins de la ville de Nice et son projet “Espaces et Végétations” propose un regard sur la manière dont les espaces verts s’inscrivent au sein de l’environnement urbain. Au détour d’un musée, au gré de jardins d’enfants, à la découverte de petits lieux poétiques cachés derrière des espaces bâtis, les images mettent en lumière ces “parenthèses” de beauté, de calme et de fraîcheur. L’itinéraire emprunté nous conduit de l’espace Masséna au parc du Château, du jardin Albert 1er au parc Chambrun en passant par une multitude de petits îlots de verdure insolites qui font le charme des vagabondages des rues de Nice.

Urbanité, 2009 © Lionel Bouffier
Urbanité, 2009 © Lionel Bouffier
La ville fascine Lionel Bouffier, parce qu’elle est hostile, bruyante, agressive. Pris dans les filets d’une urbanisation menaçante, le citadin n’y prête même plus attention. Ce qu’il a édifié pour son confort se retourne contre lui. Il vit avec, c’est son quotidien. C’est ce que dénonce l’artiste dans son projet "urbanité", une série d’images prises la nuit "quand les feux des véhicules et les lumières artificielles accentuent l’irréalité des espaces". Lionel Bouffier se heurte souvent à la dangerosité des endroits fréquentés. Il met toujours en scène et se réapproprie ainsi les lieux pour nous raconter une histoire. Parfois, il s’agit simplement d’une recherche esthétique.

Extase, 2010 © Frédéric Nakache
Extase, 2010 © Frédéric Nakache
Pour Frédéric Nakache, la photographie s’impose. "Elle instaure un rapport au réel et au temps très particulier qui me permet de construire des images qui ne sont pas une prise directe du réel mais où l’imaginaire gagne sa place". L’ensemble de l’œuvre nous rappelle à tout moment que notre vie est entièrement conditionnée par le temps qui est imparti à chacun d’entre nous. La vie, donc, ne va pas sans la mort qui apparaît en filigrane dans le travail de l’artiste. "Extase" est la capture d’une splendide orchidée, symbole de la séduction et de la fécondation. Une beauté parfaite aux pétales charnels qui cachent des abeilles mortes en leur sein.  C’est à la chambre que Frédéric Nakache a réalisé ce tirage de grande taille. "Je travaille aussi bien avec un Polaroïd qu’un jetable ou un numérique. Mais il est essentiel pour moi que la technique serve au propos. Là, le travail à la chambre me ramenait à la photo victorienne qui m’avait inspirée. Quant à la taille du tirage, je fais de multiples essais jusqu’à ce je parvienne au plus juste de l’émotion que je souhaite provoquer".

Arénas, Saint-Augustin, 1999 © Olivier Monge
Arénas, Saint-Augustin, 1999 © Olivier Monge
Collection Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre

Olivier Monge travaille à la chambre, dans la lenteur, la patience et la réflexion. Il fixe le paysage urbain dans sa vie quotidienne, en panorama. Comme le peintre, il compose, met en scène, introduit une distance entre le sujet et le regard. Il traite essentiellement de la représentation du territoire et de l’impact de l’homme sur son milieu. Les premiers plans s’imposent, dégageant alentours une atmosphère singulière marquante dans toute son œuvre. L’artiste a arpenté Nice de long et large et notamment livré un passionnant ouvrage publié aux éditions Gilletta, "Nice, hier et aujourd’hui". Depuis cinq ans, il explore les stations de sports d’hiver des Alpes du sud, associant un regard artistique contemporain à une lecture des enjeux actuels de ces destinations de loisirs.

Sophie LATIL



 
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