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L'artistique : historique du lieu

Très en vogue au 19ème siècle en Angleterre et à Paris, les "cercles" ou "clubs" se multiplient et s’étendent vite à la Province. Nice ne fait pas exception et le premier cercle est fondé en 1826, « le Cercle Philharmonique ». En 1861 « le Cercle Masséna », puis « le Cercle Méditerranée » en 1872. Ces clubs se caractérisent par leur côté élitiste, rassemblant les mondains amateurs d’art et les aristocrates du monde entier. « L’intime Club », « Cercle de l’Artistique » ou encore « L’Artistique » est fondé en 1895 sur des bases différentes. Des niçois, soucieux de suivre l’actualité culturelle de Paris, en sont à l’origine, ils vont donner à ce club un vrai statut de « Foyer d’art » puis de « Foyer culturel niçois », ce qui sera salué par la critique. Le projet est de promouvoir artistes et écrivains niçois à travers des dîners, des bals, des représentations. Le Club compte vite dans ses rangs de très importantes personnalités niçoises, de jeunes et talentueux artistes de France et d’Europe.

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La bonne ambiance de ces manifestations culturelles donne une excellente image du club et attire de plus en plus de monde. Petit à ses débuts, l’Artistique est sans cesse obligé de changer de locaux pouvant contenir un public toujours plus nombreux les soirs de concerts. Une tourelle sur la Jetée Promenade, un appartement Passage Longchamp, Boulevard Victor Hugo, Place Grimaldi. C’est en 1910 que le Club s’installe, et ce définitivement au 27 Boulevard Dubouchage, dans une villa fin du XIXème siècle, où l’on construira une salle de théâtre en 1911.

On assistera en 1911 au début de « Mlle Argentina », qui devait devenir la célèbre Argentina, la plus grande danseuse espagnole du siècle. La même année était inauguré le cycle des grandes conférences avec Edouard Herriot alors présenté comme le « jeune et sympathique maire de Lyon ». En même temps les expositions se succédaient dans les vastes salles de l’Artistique avec des artistes tels que Ziem, Louis Morin, Jules Chéret, Mossa.

L’Artistique fait office de musée et de galerie d’art, la ville n’ayant pas de musée avant 1920, le Club comble donc ce manque avec des expositions de peinture, sculpture, photographie, mais aussi des concerts.

Camille Saint-Saëns, Jules Massenet, Gabriel Fauré donneront des représentations musicales. On note parmi les visiteurs, l’écrivain Colette, le célèbre basse Féodor Chaliapine, Puccini, ou encore l’espionne Mata-Hari.

Le Club traverse la première guerre mondiale avec une certaine difficulté, beaucoup de membres sont enrôlés et le Théâtre s’essouffle mais garde une volonté humanitaire en organisant une soupe populaire.
Après la guerre, l’Artistique renaît, on relance de riches activités de qualité. Les conférences concernent les conséquences de la guerre sur la vie sociale, la position de la Femme, la famille, la colonisation, l’Orient. Une période faste s’engage, l’Artistique organise les plus belles fêtes et attire le tout Nice artistique et élégant. Le Théâtre sera lié au journal « Le Petit Niçois » qui relatera les soirées et en fera les éloges. On entendra parler des fêtes données jusqu'à Paris d’où de nombreuses personnalités viendront.

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En 1930, le Club compte 1000 membres adhérents dont le maire de l’époque, Jean Médecin. Le Club renoue avec les activités artistiques de qualité mais déjà certaines conférences sont contestées, attirent moins de monde, tout comme certaines expositions. Cela se ressent sur les cotisations et pousse le Théâtre à louer ses locaux pour palier ce manque.

Cependant, la salle du Théâtre est trop petite pour recevoir une foule désireuse d’applaudir Maurice Donnay, Georges Duhamel, René Benjamin, Paul Claudel, Jules Romain, Sacha Guitry, Yvonne Printemps, et Charles Trenet, dont le succès foudroyant partit, on peut l’écrire de « L’Artistique », etc..

La seconde guerre mondiale aura de graves conséquences pour le Cercle qui se concentrera sur l’humanitaire aux dépens de son action culturelle. Sous l’occupation, il sera parrainé par le général Pétain, divisant ainsi membres et amateurs. Au lendemain du conflit l’Artistique se dépêtre de nouveaux problèmes financiers mais apparaît bien affaibli. Ce qui annonce le brutal déclin engagé en 1952.

En effet, la qualité et la fréquentation des manifestations déclinent, s’y ajoutant une grande difficulté des membres à payer leurs cotisations. Seule la salle de jeux perdure mais la concurrence à Nice est rude. En 1973, il n’y a plus que 200 membres mais on met en avant leurs qualités : personnalités, princes, grands artistes.

Dans les années 80, il faut recruter, on abandonne alors la sévérité d’admission car il ne reste que 100 membres. Dans les années 90 le Club prend une orientation plus commerciale, autour des jeux, ce qui ne va pas sans déplaire à de nombreux membres qui souhaitent la vente rapide du lieu.

C’est en 1994 que le Théâtre de l’Artistique ferme, au bout de 99 ans d’existence. La ville rachète les locaux en 1995 et ouvre en 1999. Après rénovation, un forum de la photographie qui sera nommé Le Théâtre de La Photographie et de l’image voit le jour. Les derniers travaux ont lieu en 2003 donnant au musée son visage définitif.

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