ROBERT DOISNEAU – Le merveilleux quotidien

14 octobre 2023 - 28 janvier 2024

Musée de la photographie

Vernissage le 13 octobre 2023 à 18:30

Les frères, rue du Docteur Lecène, 1934 © Atelier Robert Doisneau

« Le monde que j’essayais de montrer était un monde où je me serais senti bien,

où les gens seraient aimables, où je trouverais la tendresse que je souhaite recevoir.

Mes photos étaient comme une preuve que ce monde peut exister. »

Robert Doisneau – Interview de Frank Horvat, « Entre Vues », 1990.

Robert Doisneau est certainement le photographe du XXe siècle dont les clichés ont le plus marqué les esprits, notamment ses photographies en noir et blanc de Paris et sa banlieue après-guerre. Il se trouve à son aise dans la rue qu’il transforme en surface sensible, en digne héritier d’Eugène Atget (1857-1927) dont il admire les images et leur « rusticité qui défie le temps ».

Autoportrait au Rolleiflex, 1947 © Atelier Robert Doisneau

L’appareil photo en bandoulière, Robert Doisneau avec son regard malicieux, est toujours aux aguets de la surprise et de l’imprévu afin de capturer l’essence du quotidien des gens, c’est un passant patient qui conserve toujours une certaine distance vis-à-vis de ses sujets. Ses photos sont souvent empreintes d’humour et d’ironie mais également de nostalgie et de tendresse, et son œuvre d’une franche humanité, est auréolée de magie.

L’enfer, Paris 1952 © Atelier Robert Doisneau
Nerva Sport Renault dans le Parc de Saint Cloud, 1935 © Atelier Robert Doisneau

Conçue en collaboration avec l’Atelier Robert Doisneau, cette exposition regroupant 110 clichés se décline en deux temps.

Le Merveilleux quotidien axé sur Paris et sa banlieue présente une sélection de 78 tirages anciens ou vintages, un aperçu de la carrière de Robert Doisneau des années 30 aux années 70 complété par deux grands montages en relief réalisés par l’artiste dans l’esprit de ce qu’on appellera bien plus tard des installations. Le visiteur est invité à renouer avec la simplicité et la beauté du quotidien dans un parcours où sont présentes des photos iconiques comme Le baiser de l’Hôtel de ville ou Mademoiselle Anita.

Le Baiser de l’Hôtel de ville, Paris, 1950 © Atelier Robert Doisneau

Palm Springs 1960 est un reportage réalisé pour le magazine Fortune sur la construction de golfs en plein cœur du désert du Colorado. Avec le regard amusé d’un ethnologue improvisé, Robert Doisneau utilise la pellicule couleur pour restituer l’atmosphère factice de cette oasis pour riches et bienheureux retraités américains à l’opulence joyeuse. Le résultat est d’une modernité folle. Avec sa capacité à capter des moments de la vie ordinaire, pour les transformer en photos extraordinaires, Robert Doisneau livre un univers singulier et poétique, l’œuvre riche et diversifiée d’un photographe qui a marqué l’imaginaire collectif.

Palm Springs 1960

Depuis l’après-guerre, Robert Doisneau travaille régulièrement avec la presse américaine, c’est d’ailleurs pour une commande de Life, en 1950, qu’il a réalisé celle qui deviendra sa photo la plus célèbre : Le baiser de l’Hôtel de Ville. L’agence Rapho lui passe souvent des commandes pour le New York Times, Life ou Fortune.

Aux Etats-Unis, ses images sont également entrées au musée. En 1948, dans French Photographer’s today, il est exposé avec Brassaï, Ronis, Izis à la Galerie Photoleague à New York, et en 1951, Five french photographers au MoMA de New York avec Brassaï, Cartier- Bresson, Izis et Ronis. En 1954, l’Art Institute de Chicago lui offre une première exposition individuelle. En 1955, il fait partie des photographes sélectionnés par Edward Steichen pour The Family of Man au MoMA de New York.

Palm Springs 1960 © Atelier Robert Doisneau

Pourtant, il n’a jamais encore traversé l’Atlantique. Faute de moyens, il a laissé les photographies voyager à sa place. Le 19 novembre 1960, c’est pour réaliser un reportage pour le numéro de février 1961 du magazine américain Fortune, que Robert Doisneau prendra pour la première fois l’avion pour les Etats-Unis. Thème du reportage : la construction de golfs à Palm Springs, refuge des riches retraités américains dans le désert du Colorado.

Palm Springs 1960 © Atelier Robert Doisneau

Après une journée passée à New York, il arrive à Palm Springs le 21 novembre. Il y restera jusqu’au 1er décembre. Ce reportage ethnographique durera deux petites semaines. Ce qu’il découvre là-bas l’incite à dépasser largement le thème du reportage. Au-delà de l’empiètement des greens sur un territoire aride, il dresse un portrait amusé d’une planète artificielle repeinte aux couleurs les plus suaves. Il utilise tour à tour un Rolleiflex, un Leica et un Hasselblad et, pour la première fois se sert de la pellicule couleur à des fins résolument esthétiques. A-t-il eu du mal à passer à la couleur, lui le maître incontesté du noir et blanc ? Absolument pas ! Et d’ajouter : « Si c’était à refaire, je referai tout en couleur ».

En partenariat avec

Avec le soutien des mécènes

SEANCE DE PROJECTION DU FILM

à 10h30

à 14h

à 16h

ROBERT DOISNEAU « LE RÉVOLTÉ DU MERVEILLEUX »
UN FILM DE Clémentine Deroudille
2016 – France – 79 min

À partir d’archives inédites, ce film écrit et réalisé par sa petite-fille dresse le portrait intime de l’homme et de l’artiste qui a joyeusement mêlé sa vie familiale et professionnelle pour bâtir une oeuvre exemplaire. « Le révolté du merveilleux » raconte comment cet enfant de banlieue parisienne est devenu l’un des plus célèbres photographes au monde. Connu par tous, célébré partout, pour des photographies devenues celles d’un monde d’hier, en noir et blanc.
Le film dévoile aussi un Doisneau différent. Passionné par la couleur, qu’il a inlassablement pratiquée, par les nouvelles formes d’architecture des banlieues modernes, le photographe a tout photographié : des usines Renault au bal vénitien en passant par les milliardaires de Palm Springs aux paysans d’URSS…
Le documentaire chapitré par les dessins d’Emmanuel Guibert, donne la parole à ses filles, Annette Doisneau et Francine Deroudille, à quelques-uns de ses amis, la photographe Sabine Weiss et l’écrivain Daniel Pennac, à des personnalités ayant écrit sur ses images, de Philippe Delerm à François Morel. De Paris à New York en passant par Tokyo, le parcours exceptionnel, surprenant et atypique d’un humaniste forcené, qui n’aura eu de cesse toute sa vie d’être un pourvoyeur de bonheur.


Événement associé

NOCTURNE POETICO-MUSICALE

24 novembre 2023 - 19:30