Vues de Nice et Portraits


Promenade au Mont Boron, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
16,4 x 21,5 cm
INV 2001.1.21
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre


Nice depuis la colline de Cimiez, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton d’après négatif sur verre au collodion
15,4 x 21,5 cm
INV 2001.1.10
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre


Nice depuis la colline de Saint-Philippe, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
15,4 x 21,5 cm
INV 2001.1.24
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Les vues générales de Nice prises depuis les collines montrent une ville encore peu étendue avec de nombreux jardins et la campagne toute proche. La plaine de Riquier est verdoyante, la Promenade a tout juste atteint le vallon du Magnan, les Baumettes conservent l’aspect campagnard d’une colline venant mourir sur le rivage. Ces images sont réalisées depuis des points de vue dominants, des belvédères qui jalonnaient les chemins empruntés par les promeneurs.


Nice depuis la colline de Carabacel, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton d’après négatif sur verre au collodion
15,5 x 21,5 cm
INV 2001.1.22
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

La ville bénéficie de nombreux investissements pour accompagner les changements consécutifs à l’Annexion. La mutation décisive est subordonnée à l’arrivée du train. La gare de Nice est mise en service le 18 octobre 1864 par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, l’inauguration du bâtiment voyageurs se fait pratiquement dans un paysage en rase campagne. Nice se trouve désormais à moins de 24 heures de Paris, reliée par le train à toutes les grandes capitales d’Europe. Ces rapides mutations n’échappent pas à Charles Nègre qui les figent comme sur cette prise de vue réalisée vers 1865 depuis la colline de Carabacel. On distingue la gare alors situé en pleine campagne. La montée de la Gare et l’avenue du Prince Impérial traversent encore jardins, champs et oliveraies. Près d’une partie boisée, on aperçoit le chantier de construction de l’église Notre-Dame, débuté en 1864.


L’annexe du Lycée Impérial, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
17 x 21,5 cm
INV 2001.1.20
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Lorsque Charles Nègre photographie ce bâtiment vers 1865, il s’agit de l’annexe du Lycée Impérial de Nice pour les élèves de l’enseignement primaire que l’on appellera plus tard Petit Lycée de Carabacel. Charles Nègre a pris au moins deux clichés du site. Professeur de dessin depuis 1863 au lycée Impérial, il connaît sans doute bien ce bâtiment situé à l’emplacement de l’actuel collège Roland-Garros, à une époque où les quartiers de Cimiez et de Carabacel comptaient leurs premières grandes villas de plaisance, mais restaient avant tout des campagnes cultivées.


Le monastère de Cimiez, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
1 3 x 17,3 cm
INV 2001.1.13
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

En 1864, une voie carrossable suit le tracé du vieux sentier qui serpente depuis Carabacel vers la colline de Cimiez couverte de jardins et de cultures. Le monastère de Cimiez est encore en pleine campagne. On distingue le jardin rustique où des moines franciscains cultivaient le mesclun, de jeunes pousses auxquelles ils mélangeaient roquette sauvage et pissenlit pour les offrir aux habitants qui leur faisaient aumône.


L’abbaye de Saint-Pons, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
15,4 x 21,4 cm
INV 2001.1.14
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

En amont du Paillon, la plaine alluviale est occupée par des cultures maraîchères, fruitières et florales. L’abbaye de Saint-Pons domine le cours d’eau et le paysage. Fondé à la fin du VIIIe siècle sur la rive droite du Paillon, c’est l’un des plus anciens monastères de la Côte d’Azur qui rayonnait sur toute la région au Moyen-Age. En 1860, l’abbaye devient la propriété de l’État français qui consent de la vendre à la ville de Nice en 1898. La construction de l’hôpital Pasteur débuta en 1910 en intégrant l’abbaye.


Place Napoléon, vers 1864
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
17,7 x 21,7 cm
INV 2001.1.37
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Lorsque Charles Nègre prend cette photographie vers 1864, la plus grande place de Nice porte le nom de Place Napoléon à la suite de l’annexion du Comté de Nice à la France (1860). Construite à partir de 1773, c’est la plus ancienne des grandes places de la ville aménagée sur les restes de la démolition des remparts de la forteresse ordonnée par Louis XIV après le siège de Nice de 1691. En 1780, le roi Victor Amédée III construit la route carrossable entre Turin et Nice : la place sera donc l’arrivée de cette route Royale. L’architecte Antonio Spinelli conçoit la place entourée de portiques selon le style baroque des places de Turin, style de rigueur dans les états de Savoie. Elle a été renommée plusieurs fois, place Pairolière (1782), Victor Amedé III (1784), République pendant la Révolution (1792), Napoléon (1804), Victor (de 1814 à la Restauration). C’est ici que le 12 septembre 1860, le maire de Nice François Malausséna remet les clefs de la ville à Napoléon III et l’impératrice Eugénie, dans le cadre de l’annexion du Comté de Nice à la France. Le 13 septembre 1870, la place Garibaldi est rebaptisée du nom de cet illustre personnage.


La Promenade des Anglais, 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton d’après négatif sur verre au collodion
15,5 x 21,2 cm
INV 2001.1.35
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Au début du XIXe siècle, la Promenade des Anglais n’est qu’un sentier sur la plage. En 1821, un Anglais, le révérend Lewis Way, effectue une levée de fonds auprès de ses compatriotes pour financer la construction d’un chemin de bord de mer mais aussi pour fournir un travail à de nombreux mendiants et travailleurs niçois qui souffraient à cette période d’une mauvaise conjoncture économique. En 1824, date de fin des travaux, le littoral niçois est doté d’un chemin propice aux balades paisibles de l’embouchure du Paillon, à l’actuelle rue Meyerbeer. Destiné à la promenade des touristes plus qu’à l’usage des habitants, les Niçois le désignent camin dei Anglès. En 1844, le Conseil communal donne à la nouvelle voie le nom officiel de Promenade des Anglais. Elle est prolongée jusqu’au vallon Saint-Philippe et agrémentée d’arbres et d’arbustes à fleurs. En 1856, la Promenade arrive au quartier Magnan. En 1863, on élargit la route de deux mètres, on augmente la Promenade d’une chaussée de douze mètres et d’un trottoir de trois mètres. Trente becs de gaz l’éclairent. L’hiver, en fin de matinée ou l’après-midi, le chemin des Anglais est le lieu incontournable de promenade pour les hivernants étrangers. C’est un incessant va-et-vient de promeneurs et d’attelage qui parcourent le bord de mer entre la va vieille ville et la ville nouvelle. On se promène, ombrelle à la main, entre les haies de lauriers roses et de palmiers nouvellement plantés. Sur cette image prise au tout début de la Promenade, plusieurs personnages masculins prennent la pose pour Charles Nègre. Quatre d’entre eux en uniforme militaires sont des Chasseurs à pied de la garde impériale. On sait que le 12 octobre 1864, six compagnies sont commandées pour aller à Nice faire un service d’honneur auprès de l’empereur et l’impératrice de Russie. C’est peut-être à l’occasion de ce séjour, que la photo a été prise.


L’hôtel des Anglais, 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton d’après négatif sur verre au collodion
21,7 x 15,6 cm
INV 2001.1.23
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Les hivernant souhaitant résider sur la Promenade, les premiers hôtels apparaissent au milieu du XIXe siècle. L’Hôtel des Anglais est un des premiers palaces qui vont fleurir sur la Promenade des Anglais. Construit en 1862 au numéro 1, le roi Louis de Bavière en sera un des premiers clients. Sa construction répond à un souci d’unité architecturale avec l’hôtel de la Pension anglaise (1856). Sa façade principale de style néoclassique surmontée d’un fronton triangulaire, se développe le long du jardin public (jardin des plantes). En fait, la règlementation interventionniste du Consiglio d’Ornato de la ville de Nice impose aux constructions privées une unité de style puisant dans le répertoire du néoclassicisme officiel du Turin de la Restauration. La façade qui s’ouvre sur la mer est de style colonial avec ses quatre étages de balcons à arcades, agrémentée de coursives-promenoirs en fer. L’hôtel des Anglais est le premier à offrir un ascenseur hydraulique, un chauffage à air pulsé et des cabines de toilettes. On y louait des appartements et non des chambres. Détruit en 1909, il est remplacé par l’hôtel Ruhl, lui-même détruit en 1970 et remplacé par l’hôtel Méridien.


Le cercle des Etrangers, 1867
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton d’après négatif sur verre au collodion
23 x 18 cm
INV 2001.1.17
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

À côté de l’hôtel des Anglais, le Cercle des Étrangers est le premier casino de Nice créé par Léopold Amat et inauguré en décembre 1867 avec sa double rampe d’accès pour les calèches et landaus. Ouvert aux familles niçoises et étrangères, il propose des distractions variées allant du théâtre aux expositions de peinture et sculpture en passant par les séances littéraires et scientifiques. Mais en 1872, de graves difficultés financières obligent Léopold Amat à le vendre. Il est remplacé par le Cercle de la Méditerranée jusqu’en 1884. Il est ensuite détruit au profit de l’hôtel Savoy, lui-même abattu et remplacé en 1951 par l’immeuble Savoy-Palace actuel.En 1864, une voie carrossable suit le tracé du vieux sentier qui serpente depuis Carabacel vers la colline de Cimiez couverte de jardins et de cultures. Le monastère de Cimiez est encore en pleine campagne. On distingue le jardin rustique où des moines franciscains cultivaient le mesclun, de jeunes pousses auxquelles ils mélangeaient roquette sauvage et pissenlit pour les offrir aux habitants qui leur faisaient aumône.


L’embouchure du Paillon, 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton d’après négatif sur verre au collodion
15,5 x 20,3 cm
INV 2001.1.34
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

En 1864, un pont construit sur l’embouchure du Paillon permet enfin de relier la promenade des Anglais au quai du Midi. Il est baptisé pont Napoléon III puis pont des Anges sous la Troisième République. En haut des escaliers qui descendent sur la plage, une sphère armillaire est installée en 1865. Scellée sur un haut socle de pierre, elle servait aux passants à régler leur montre.


Le quai Masséna, 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
15 x 21,6 cm
INV 2001.1.27
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Le quai Masséna (actuelle avenue de Verdun) sur la rive droite du Paillon était le cœur élégant de Nice dès 1850. Achevé en 1863, il permet au jardin public de s’agrandir sur le nouvel espace gagné sur le lit du Paillon. Bordé d’hôtels de luxe, de magasins à la mode et de coiffeurs en vogue, il est le reflet de la nouvelle ville des riches étrangers. En 1854, au 8 place du jardin Public, près de l’hôtel d’Angleterre, Alphonse Karr ouvre le premier magasin de vente et livraison de bouquets de fleurs de Nice. Ce couple prend la pose pour Charles Nègre contre les garde-corps du quai, devant un parterre arboré de palmiers. En arrière-plan, le Pont Neuf enjambe le Paillon.


Le quai Masséna, La fontaine des Tritons, vers 1866
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
17 x 21,6 cm
INV 2001.1.28
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

*En 1966, la fontaine des Tritons est nouvellement installée au centre du square des phocéens, au débouché de la rue Saint-François-de-Paule, sur la rive droite. C’était la plus belle de Nice et le centre d’intérêt nouveau des niçois et des hivernants au regard de son histoire. Les tritons ont été ramenés de Grèce à Nice par un membre de la famille Lascaris. Ils appartiennent au commandeur Arson qui les remet au conseiller municipal Brémond pour réaliser une fontaine. Le groupe de tritons apparaît pour la première fois en public, dans le premier quart du XIXe siècle, ornant une fontaine en pierre de taille sur la place Saint-Jean-Baptiste, devant le lycée Impérial où exercera plus tard Charles Nègre. En novembre 1852, la fontaine est démolie pour améliorer la circulation sur la placette. Les tritons sont sauvegardés et entreposés au Collegio Convitto Nazionale. En novembre 1866, les tritons sont installés sur la nouvelle fontaine aménagée dans le square des Phocéens. Fin mai 1868, les ouvriers terminent l’installation du bassin en marbre de Carrare et le 13 décembre 1868, les ferronniers l’entourent d’une élégante grille de protection.


Le Lycée Impérial, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
14,4 x 20,7 cm
INV 2001.1.16
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Le Lycée Impérial, l’actuel Lycée Masséna, est le plus ancien des lycées niçois. C’est ici qu’en 1863 Charles Nègre obtient un poste de professeur de dessin. Le Paillon qui marque la limite entre la ville vieille et la ville moderne, n’est pas encore couvert. Le Lycée Impérial se trouve sur la rive droite du fleuve, le long du quai Saint-Jean-Baptiste, au niveau du Pont-Vieux. En 1644-1645, les moines de l’ordre des Augustins-Déchaux installèrent ici un couvent dédié à Saint Jean-Baptiste, qui donna son nom au quartier moderne. Confisqué à la Révolution, il fut transformé d’abord en École centrale départementale. En 1803, des travaux sont entrepris pour transformer cet établissement en Lycée Impérial. En octobre 1806, la tour carrée est érigée et on y installe une horloge apportée de Marseille par mer et deux cloches. Ce lycée qui est alors le seul du département, ouvre en 1812. A la restauration, le Lycée Impérial devient le Collège Royal (à partir de 1820), dont l’enseignement est contrôlé par les jésuites. En 1848, ils sont expulsés et l’institution prend le nom de Collège National (Collegio Convitto Nazionale) avant de redevenir Lycée Impérial en 1860. Jusqu’en 1863, alors que Charles Nègre prend ses fonctions, cet établissement est un lycée de garçons tandis que le lycée Calmette est un lycée de filles. Rénové et agrandi en 1875-1876 et entre 1909 et 1931, il n’a pris son nom actuel qu’en 1963, en mémoire d’André Masséna qui avait contribué à la construction du premier Lycée Impérial.


Le Pont-Vieux, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
18,7 x 22 cm
INV 2001.1.15
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Face au Lycée Impérial, le pont Saint-Antoine dit Pont-Vieux est depuis le Moyen Âge, le seul moyen de traverser le Paillon en sortant de la vieille-ville. Au XIXe siècle, avec l’expansion de la ville et la création de nouveaux faubourgs au nord-ouest, le franchissement du Paillon devient vite un obstacle entre les nouveaux faubourgs habités par une clientèle d’hivernants et le Cours où sont réunis les services administratifs et culturels. L’accès à la zone du Cours par l’unique pont est trop éloigné. La municipalité décide la construction d’un nouveau pont situé en aval, dans l’axe de la place Charles-Albert et de la future place Masséna. La construction des trois arches en pierres de taille débute en juillet 1820. Il est achevé en 1824 et se nomme pont royal Saint-Charles. Les Niçois l’appellent simplement Pont-Neuf. Dans le lit du Paillon le plus souvent à sec, les « bugadières » lavaient et faisaient sécher le linge, du Pont-Vieux jusqu’à l’embouchure sur la plage des Ponchettes. Mêmes si ces lavandières niçoises ont fait le tour de l’Europe immortalisées par la photographie et la carte postale à la belle époque, les propriétaires et pensionnaires des hôtels donnant sur les berges du Paillon réclamaient à la place de cet « oued fétide », un dégagement arboré sous leurs fenêtres. C’est ainsi que, dès 1867, sur les plans de l’ingénieur Joseph Durandy on lança la couverture du Paillon, entre les rues Alberti et Gubernatis, avec l’aménagement d’un square reliant le quai Saint-Jean-Baptiste et le boulevard du Pont-Neuf.


L’escalier des Ponchettes, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
15,6 x 21,7 cm
INV 2001.1.33
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

L’escalier des Ponchettes se trouve à l’extrémité des Terrasses. Les Terrasse Vieilles qui s’étirent entre le cours Saleya et la mer ont été construites entre 1731 et 1775 afin de remplacer le terrain vague crée par la destruction des anciens remparts (détruits en 1706 sur ordre de Louis XIV). On y aménage un rang d’entrepôts et de logements, sur un seul niveau de même hauteur et de même forme. On transfère l’ancien domaine public sur le toit de ces constructions privées et on le transforme en une servitude de passage public sous forme de promenade. Le cours Saleya est ainsi proprement clos vers le rivage, tout en communiquant avec lui par diverses portes. De 1939 à 1850, la ville fait construire parallèlement un second rang de terrasses, les Terrasses Neuves. En même temps, elle aménage le quai du Midi (l’actuel quai des États-Unis) pour embellir le rivage jusqu’alors bordé de cabanes de pécheurs et tenter de contrer la vogue grandissante de la nouvelle Promenade des Anglais


La rue des Ponchettes, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
15,7 x 22 cm
INV 2001.1.12
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

La rue des Ponchettes se situe entre les Terrasses Vieilles à droite et les Terrasses Neuves. C’était un lieu très animé fréquenté par les pêcheurs, ouvrier et artisans. On y trouvait tous les métiers de la mer, des entrepôts, des commerces et des ateliers notamment de marqueterie comme celui d’Antonio Cagnoli aménagé en 1861 qui fabrique des objets et petits meubles d’une étonnante qualité. Ces ateliers de marqueterie se trouvent alors principalement rue du Pont-Neuf, rue du Cours et rue des Ponchettes. La culture des oliviers et des agrumes offre l’opportunité de développer un artisanat d’art renommé encouragé par l’essor d’un tourisme aisé en quête de souvenirs de qualité.


Les Ponchettes, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
8 x 11,3 cm
INV 2001.1.36
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Depuis le Ve siècle av. J.-C, l’anse des Ponchettes fait office de port jusqu’à l’ouverture du port Lympia en 1752. Les pêcheurs demeureront fidèles à ce rivage jusqu’au milieu du XXe siècle pour tirer leurs embarcations et faire sécher les filets mais aussi par les bugadières pour étendre le linge au soleil.


Les Ponchettes, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
15,5 x 21,4 cm
INV 2001.1.26
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Dominée par la Tour Bellanda sur la colline du Château, l’anse des Ponchettes fait office de port depuis le Ve siècle av. J.-C., jusqu’à l’ouverture du port Lympia en 1752. Les pêcheurs demeureront fidèles à ce rivage jusqu’au milieu du XXe siècle pour tirer leurs embarcations et faire sécher les filets mais aussi par les bugadières pour étendre le linge au soleil.


La plage des Ponchettes, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
16,4 x 21,5 cm
INV 2001.1.29
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Dominée par la Tour Bellanda sur la colline du Château, l’anse des Ponchettes fait office de port depuis le Ve siècle av. J.-C., jusqu’à l’ouverture du port Lympia en 1752. Les pêcheurs demeureront fidèles à ce rivage jusqu’au milieu du XXe siècle pour tirer leurs embarcations et faire sécher les filets mais aussi par les bugadières pour étendre le linge au soleil.
C’est dans les années 1860-1870 que le nom de tour Bellanda fut donné à l’ancienne tour Saint-Elme, auparavant désignée tour Clérissi du nom de son propriétaire. En 1825, les frères Clérissi rachetèrent ce qui restait de la tour Saint-Elme, vestige de l’ancienne fortification médiévale, et la reconstruisirent totalement. La tour est recouverte d’un toit terrasse au centre duquel une tourelle à clocheton permettait d’accéder aux chambres de la pension Clérissi accolée à la tour. Le site devient rapidement un lieu d’agrément où l’on vient jouir du panorama. La tour passe ensuite entre les mains de plusieurs propriétaires. En 1856, Jean-Édouard Hug, maître d’hôtel helvétique rachète l’ancienne maison Clérissi qui devient « Hôtel et Pension Suisse ». La transformation de la colline du château et les plantations qui y sont faites donnent l’occasion de promenades à la clientèle de l’hôtel. Parmi tous les étrangers qui fréquentèrent la pension, le compositeur romantique français Hector Berlioz (1803-1869), composa l’ouverture du Roi Lear en 1831, alors qu’il séjournait à la pension Clérissi. Un second séjour en 1844, logé dans la tour, lui inspira la partition du Corsaire.


Le quai de la douane et le bassin Lympia, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
15,4 x 20,5 cm
INV 2001.1.32
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

La publication de l’édit du port franc en 1749 commence une nouvelle page de l’histoire maritime de Nice. Le port Lympia est créé dans l’anse Saint-Lambert pour prendre la suite de la plage des Ponchettes. Les travaux commencent par le creusement de la plaine marécageuse de Lympia et la construction de la digue. Le nouveau port est ouvert le 22 novembre 1752. En 1851, le port perd ses franchises mais conserve une grande activité. Il assure les échanges entre les Etats italiens et la France, notamment le trafic des huiles à destination de Marseille et l’importation de céréales. Nice vend alors plus d’une trentaine de qualités d’huiles fines, qui se retrouvent sur les grandes tables de toute l’Europe. En 1861, le trafic porte essentiellement sur les denrées alimentaires, principalement des céréales, du vin et de l’huile d’olive mais également citron, eau de fleurs d’orangers, parfumerie, fruits confits, liqueurs. Des tissus, de la verrerie, des matériaux de construction et du ciment sont également importés depuis Marseille. Le port de Nice est en relation avec l’Italie, la France, l’Angleterre, la Russie, la Norvège, l’Espagne, la Turquie et l’Autriche. Autour du port, de nombreuses maisons de commerce vivent de ce trafic, emploient des salariés et génèrent de multiples activités annexes. En 1860, la première liaison régulière du port de Nice avec la Corse est mise en place.


Statue du roi Charles-Félix, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
15,4 x 21,6 cm
INV 2001.1.30
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Face au port, place Bellevue, se dresse la statue de Charles-Félix de Savoie, roi de Sardaigne, prince de Piémont et duc de Savoie qui pointe le port du doigt. Les négociants niçois la firent dresser en 1829 en reconnaissance de la confirmation de la franchise du port. La franchise fut abolie sous Victor-Emmanuel II. En réaction à cette promesse rompue, les Niçois brisèrent les doigts de la main de la statue du souverain. La statue de Charles-Félix symbolise par son doigt amputé, l’esprit d’insoumission des niçois prêt à se battre pour conserver leurs libertés et privilèges. Cette statue est toujours en place.


La montée du Château, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
15,7 x 22 cm
INV 2001.1.31
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Cette vue prise depuis la route qui part du port et monte à la colline du Château témoigne de la qualité de la composition et du cadrage des images de Charles Nègre. Les deux inflorescences géantes des agaves, plantes très graphiques caractéristiques des côtes méditerranéennes, se détachent parfaitement dans le ciel.


Les ruines du Lazaret, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
17,5 x 21,6 cm
INV 2001.1.19
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

À la sortie du port, en direction du cap de Nice, subsistaient encore en 1865 quelques pans de murs de l’ancien lazaret. Bâtiment édifié à l’entrée des ports pour le contrôle sanitaire des marins et des voyageurs, et l’isolement des malades contagieux. Il est tombé en désuétude à la fin du XVIIIe siècle. Cet endroit jouit d’un superbe point de vue sur la jetée du port avec son phare, qui n’a pas échappé à l’œil du photographe. Les ruines donnent un cachet romantique au site où l’on aimait s’installer sur les rochers pour admirer le paysage. Depuis cet endroit, le photographe bénéficiait d’un superbe point de vue sur le cap de Nice, avec au premier plan la côte rocheuse surplombée par une cabane et en arrière-plan, la Château de l’Anglais, dominant le cap.


La Réserve et le Château de l’Anglais, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
15,5 x 21,8 cm
INV 2001.1.18
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Le Château de l’Anglais appelé aussi Château Smith, est l’œuvre de Robert Smith, colonel de l’armée des Indes, ingénieur du génie civil, revenu fortune faite. Il va entreprendre de 1858 à 1865 la construction d’un château influencé par les palais des maharadjahs qu’il a restaurées aux Indes et un style emprunté au moyen âge britannique. En contrebas, se trouve le restaurant la Réserve sur les rochers aux pieds desquels promeneurs et pêcheurs viennent s’aventurer. La Réserve tire son nom des viviers installés autrefois à son pied. Depuis la Belle Epoque, cet établissement en bord de mer attire touristes et niçois. Au départ en 1832 c’est une simple guérite de vente d’huîtres ; cette dernière va céder la place, à la fin de l’année 1862, à une cabane servant de restaurant, en surplomb sur les rochers. En 1862, une publicité vente ses mérites : « La fraîcheur de ses huîtres, les seules nourries à Nice en pleine mer, la qualité exceptionnelle des vins, la célérité sans le service et la modicité de ses prix. Servi, par l’ancien chef du restaurant Lucullus se recommande tout particulièrement aux étrangers et à l’élite de la population niçoise. Une voiture de la maison parcourt chaque jour la ville le matin pour servir les restaurants ainsi que les personnes qui désirent des huîtres de premier choix. » (Le Messager de Nice du 15 décembre 1862). Le lieu s’agrandit en 1867 avec la création un chalet ou kiosque orientalisant, sur un rocher voisin. En 1877, un vaste restaurant est construit, complété en 1883 par une étonnante goélette en ciment baptisée l’Inflexible, installée sur un autre rocher et relié par une passerelle. Cette curiosité sur la mer devient rapidement un site emblématique de Nice, rendez-vous privilégié d’une élite. Pour gagner l’établissement, un service auto gratuit est même affrété depuis la place Masséna.


La villa Vigier, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
15,7 x 21,2 cm
INV 2001.1.11
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

La villa Vigier construite dans un parc le long du boulevard de l’Impératrice de Russie (actuel boulevard Franck Pilatte) entre 1862 et 1863 par le baron Georges Vigier, est un véritable palais de style vénitien inspiré directement de la Ca’d’Oro de Venise. Grand amateur de plantes exotiques, le Baron créa un jardin botanique dans le parc de 3 hectares qui descend jusqu’en bord de mer. Ce jardin est un véritable laboratoire de plantes rares pour son propriétaire épris d’horticulture. En effet, le baron Georges Vigier a acclimaté dans son jardin des plantes et arbres tropicaux comme des fougères arborescentes, une forêt de bambous ou encore un dattier des Canaries car fut le premier à introduire et acclimater en France le Phoenix canariensis vers 1860. Le jardin comptait aussi une orangeraie, une oliveraie, des vignes et un bois. La réputation de ce jardin était telle que certains riches hivernants venaient s’y approvisionner pour replanter chez eux des spécimens rares. De nombreuses espèces de palmiers furent cultivées. La villa été détruite en 1967 mais il subsiste encore un hectare de parc avec des palmiers âgés de plus de 150 ans.


Eglise russe, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
15,7 x 22,2 cm
INV 2001.1.25
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

La première pierre de l’église Saint-Nicolas et Sainte-Alexandra est posée en décembre 1858. La colonie russe de la Riviera était habituée à la Côte d’Azur, où l’aristocratie européenne avait lancé la mode de l’hivernage. Certains y venaient aussi se soigner de la tuberculose qui faisait alors des ravages. L’impératrice Alexandra Féodorovna, l’épouse du défunt Nicolas Ier, aimait y séjourner pour se reposer depuis son veuvage. En 1857, elle lance une souscription en faveur de l’édification d’une église orthodoxe russe servant de paroisse dans un quartier de Nice désigné sous le vocable de campo longo. Le projet est confié à l’architecte de la Cour impériale Alexandre Kondiakoff et à André-François Barraya. Très vite, la vie de la communauté russe hivernante va se recentrer autour de l’église de la rue Longchamp et de sa bibliothèque. C’est ici que fut célébré en avril 1865, l’office funèbre pour le tsarévitch, le grand-duc Nicolas, héritier du trône de Russie, décédé à Nice de la tuberculose le 24 avril 1865.


Autoportrait de Charles Nègre, vers 1863
Epreuve sur papier salé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
11,9 x 8,9 cm
INV 2001.1.2
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Autoportrait réalisé en atelier. Charles nègre pose dans un décor bucolique composé d’une souche d’arbre, de feuillage et de mousse devant une tenture peinte représentant un sous-bois.


Premier conseil départemental des Alpes-Maritimes, août 1864
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
13,5 x 20 cm
INV 2001.1.7
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

En août 1864, Charles Nègre prend cette photographie des membres du Conseil général. Le moment est historique, 24 conseillers généraux du département des Alpes-Maritimes sont rassemblés à Nice autour de leur président Louis Lubonis, du vice-président le comte Reille et du préfet des Alpes-Maritimes Denis Gavini de Campile. Parmi eux, figure François Malausséna. C’est l’une des différentes vues réalisées ce jour. Il s’agit d’une mise en scène avec un décor, réalisée en plein air pour des questions de luminosité. Un négatif sur verre conservé aux Archives départementales des Alpes-Maritimes (Document 08FI 0025) montre le décor installé devant la façade d’un bâtiment avant que l’image soit recadrée.


Denis Gavini de Campile, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
11 x 7,9 cm
INV 2001.1.1
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Le 5 janvier 1861, Denis Gavini de Campile (1820-1916) fut nommé par Napoléon III à la tête du tout nouveau département des Alpes-Maritimes crée à la suite du rattachement de Nice à la France. Il restera Préfet des Alpes-Maritimes jusqu’en 1870.


François Malausséna, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
10,5 x 7,8 cm
INV 2001.1.8
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

François Malausséna (1814-1882) fut le maire qui présida au changement de souveraineté de 1860. Il est emblématique d’une génération et d’un temps essentiels dans l’histoire niçoise. Elu au conseil communal en 1855, puis nommé syndic en 1857, c’est lui qui préside aux destinées de la ville au moment crucial du débat sur la nationalité de Nice. Dans un premier temps opposé à l’annexion, attaché au gouvernement de Victor-Emmanuel II et au libéralisme de Cavour, il se présente comme hostile au parti francophone. Mais, progressivement, il s’y ralliera, encouragé par Turin et séduit par les perspectives de développement offertes par la France au territoire niçois. C’est ainsi que, lors des préparatifs du plébiscite, il appelle à voter pour la France. Il sera maintenu dans ses fonctions de maire de la ville en janvier 1861, poste qu’il occupera jusqu’en septembre 1870, ce qui lui permettra d’accomplir une œuvre importante marquée par le début de l’extraordinaire développement urbain. On lui doit ainsi l’adduction d’eau de Sainte-Thècle et l’arrivée du chemin de fer. Après la démission de Louis Lubonis, il est élu député de la circonscription de Nice en 1868, et, de fait, cogérera le nouveau département des Alpes-Maritimes avec le préfet Gavini de Campile. Sa proximité avec le pouvoir impérial lui sera aussi fatale. A la chute de Napoléon III, il quitte ses fonctions, et abandonne la vie politique, à l’exception de la représentation du canton de Levens au Conseil général jusqu’à sa mort en 1882.


Jean-Pierre Sola, vers 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
10,3 x 7,6 cm
INV 2001.1.9
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Jean-Pierre Sola (1791-1881) a activement participé au succès du plébiscite entérinant l’annexion du comté de Nice à la France en 1860. Evêque de Nice de 1858 à 1877, il jouissait d’une grande estime de la part des Niçois. Il lancera la construction de l’église Notre-Dame, inaugurée en 1868.


Marchande de fleurs, vers 1865
Epreuve sur papier salé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
17,8 x 12 cm
INV 2001.1.6
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

En costume traditionnel avec coiffe, châle, tablier et une corbeille de fleurs, cette marchande de fleurs ou bouquetière pose dans un décor évoquant un jardin. Cette femme incarne toute une population et une activité économique majeure à l’époque. On retrouve dans cette image l’intérêt de Charles Nègre pour les personnages familiers de la rue et les petits métiers qui ont fait le succès de sa période parisienne.


Magistrat, 1865
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
9,8 x 7,3 cm
INV 2001.1.5
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Ce magistrat n’est pas identifié. Comme les portraits d’atelier d’époque, l’image révèle une vraie mise en scène de la personne où le décor et le costume sont toujours particulièrement soignés afin de viser la vraisemblance et de témoigner d’une certaine authenticité. Le magistrat pose dans un costume qui affirme son rang social et sa profession. Charles Nègre aménage richement son studio pour réaliser ses portraits. Selon le goût de l’époque, il loue différents mobiliers afin de créer l’ambiance de ses photographies. La pose est étudiée avec la jambe posée sur le marche-pied, le décor évoque un intérieur bourgeois avec lourdes tentures, tapis orientaux, fauteuil, globe terrestre et l’incontournable décor de fond en papier peint.


Frédéric Passy, 1864
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
10,4 x 7,5 cm
INV 2001.1.4
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Frédéric Passy (1822-1912), économiste et homme politique français. Membre de l’Institut et lauréat du prix Nobel de la paix, il a consacré sa vie à l’idéal pacifiste et a diffusé des idées féministes, abolitionnistes, sociales et libérales. En 1864, il vient séjourner à Nice et donner des cours d’économie, Charles Nègre donnera même des leçons de dessin à ses enfants.


Giuseppe Garibaldi, vers 1863
Epreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
21,5 x 16,4 cm
INV 2001.1.3
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Parmi les portraits célèbres attribués à Charles Nègre, figure celui de Giuseppe Garibaldi, le Héros des deux mondes. Après avoir mis ses talents au service de la cause indépendantiste en Amérique du Sud, Garibaldi consacrera le reste de sa vie à la lutte pour l’indépendance et l’unité italienne. Il est l’une des grandes figures du Risorgimento, considéré comme l’un des « pères de la patrie » italienne, artisan de l’unification du royaume d’Italie proclamé le 17 mars 1861. Né à Nice le 4 juillet 1807, sa vie fut principalement rythmée par des voyages et des combats. Il n’aura de cesse de lutter pour la liberté des nations. Il n’est donc pas étonnant que Charles Nègre se soit intéressé à ce personnage emblématique originaire de Nice mais il n’est pas certain que la prise de vue originale de ce portrait soit l’œuvre de Charles Nègre. En effet, il existe d’autres tirages avec plus de détails de ce portrait d’ailleurs inversé. La réappropriation des photographies entre les studios est courante à l’époque et se multiplie avec l’apparition du portrait-carte, ou portrait carte-de-visite. Ce portrait de Garibaldi est un bon exemple de la circulation des images. Un négatif verre au collodion sur support en verre reproduisant une carte de visite de ce portrait conservé à la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, est attribué à Nadar (1820-1910). Le Musée d’Orsay en possède une épreuve portant la mention « Photographie Richebourg » (Pierre Ambroise Richebourg, 1810-1875). Le Musée Carnavalet conserve un tirage tamponné « Photographie Carjat & Cie » (Etienne Carjat, 1828-1906). Enfin, un tirage de grandes dimensions est tamponné « Fratelli Bernieri Torino » (Cesare et Luigi Bernieri, 1853-1870). Les deux frères fervents patriotes, ont participé aux guerres d’indépendance. En Novembre 1861, ils ouvrent leur studio à Turin. Giuseppe Garibaldi présent lors de l’inauguration, aurait posé à cette occasion pour Cesare.


Cortège funèbre du Grand Duc Nicolas Alexandrovitch, le 28 avril 1865
Epreuve finale sur papier albuminé contrecollée sur carton, d’après négatif sur verre au collodion
8,5 x 11,6 cm
INV 2001.1.38 Collection Musée de la Photographie Charles Nègre


Cortège funèbre du Grand Duc Nicolas Alexandrovitch, le 28 avril 1865
Epreuve initiale sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
15,5 x 20,6 cm
INV 2001.1.39
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre


Cortège funèbre du Grand Duc Nicolas Alexandrovitch, le 28 avril 1865
Epreuve intermédiaire sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion
15,8 x 20,2 cm
INV 2001.1.40
Collection Musée de la Photographie Charles Nègre

Le 24 avril 1865 mourait à Nice le Grand Duc héritier de Russie, le Tzarevitch Nicolas Alexandrovitch. Le 28 avril, son corps est transporté depuis l’église russe de la rue Longchamp jusqu’au port de Villefranche pour être embarqué sur la frégate russe Alexandre-Newsky à destination de Saint-Pétersbourg. La foule s’amasse tout le long du parcours du cortège funéraire. Le choix de cadrage a demandé une certaine préparation. Charles Nègre a pris de la hauteur en accédant au balcon d’un immeuble de la place Charles-Albert face au Pont-Neuf pour ne rien manquer de cet évènement exceptionnel dont il souhaite commercialiser un cliché. Trois tirages représentent cet instant. Une épreuve initiale, une épreuve retouchée de la main du photographe et une épreuve finale. Sur l’épreuve finale, on voit nettement le cortège. Or, la prise de vue au collodion nécessitait des temps de pose importants. Il est donc impossible avec cette technique de figer un mouvement comme le montre l’épreuve initiale où le cortège funéraire est rendu flou par son déplacement. Charles Nègre, a subtilement retouché l’image à l’aide d’encre de Chine, opération visible sur l’épreuve intermédiaire. Une fois l’épreuve retouchée, Charles Nègre l’a photographiée afin de créer ce qu’il va présenter comme un instantané.