André Kertész, Le double d’une vie

19 septembre 2009 -29 novembre 2009

Musée de la photographie

Maître pour nombre de photographes, dont Henri-Cartier Bresson, André Kertész est une figure majeure de l’histoire de la photographie. Son œuvre résiste cependant à l’analyse et déjoue le commentaire. Il n’y a pas de regard plus limpide que le sien et de sentiments plus résolus que ceux qu’il transcrit dans ses photographies. Autodidacte, il est resté fidèle à son credo : « Ce que je sens, je fais ». S’il flirte avec différents courants tels le surréalisme, le constructivisme ou l’humanisme, souvent en les devançant, sa démarche de photographe ne peut être réduite à un projet esthétique, social ou moral. Kertész tient à son point de vue qu’il ne saurait renier pour satisfaire un client ou adhérer à une mode. Discrète mais lucide, sa vision est résolument naturelle.

L’exposition présentée au Théâtre de la Photographie et de l’Image est réalisée à partir d’une centaine de photographies sélectionnées dans le fonds Kertész, et s’articule en cinq sections : la Hongrie (1894-1925), la France (1925-1936), les Etats-Unis (1936-1962), la période internationale (1963-1985), la Couleur.

Cette exposition a été organisée par le Jeu de Paume, avec le concours de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, Ministère de la Culture et de la Communication – France et en collaboration avec le Théâtre de la Photographie et de l’Image – Nice.

L’œuvre de Kertész colle doublement à sa vie : à ce qu’il a vu et à ce qu’il a éprouvé. Elle en est comme le reflet, car l’adhésion du photographe au monde visuel fut telle que chacune de ses prises de vue et fut riche de sa sensation et de son émotion. Elle est sincère, fidèle, profonde, au point que toute photographie semble être le double parfait de la présence tangible de son auteur. Tellement parfait que le réel et la fiction s’y confondent. L’homme photographique est entier dans son cliché qui est autant une prise (un prélèvement, un extrait) qu’une projection de lui-même.

La Donation Kertész, signée le 30 mars 1984, comprend 100 000 négatifs noir et blanc, 15 000 diapositives en couleur, la correspondance de l’auteur et divers documents. Le fonds Kertész est géré par trois organismes du Ministère de la Culture et de la Communication : la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine (conservation), le Jeu de Paume (valorisation sous forme d’expositions et de publications), la Réunion des musées nationaux (reproduction).