le photogramme

27 février 2010 -16 mai 2010

Musée de la photographie

© Nancy Wilson-Pajic, de la série Falling Angels, 1997

Cette exposition réunie des grands noms de l’histoire de la photographie, Lázsló Moholy-Nagy, Man Ray, Raoul Hausmann Wols, mais aussi des artistes contemporains. Au total, ce sont 14 artistes et une centaine d’œuvres exposés sur les cimaises du Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre.

Le procédé du photogramme consiste à poser directement des objets sur le papier sensible puis, à l’exposer quelques secondes à la lumière avant le développement. C’est donc, dans son principe même, une image unique, sans négatif, dans laquelle les valeurs des noirs et des blancs sont inversées.

Le photogramme peut être rendu plus complexe par l’utilisation successive de différentes sources de lumière. Tout objet ou encore dessin schématique ou graphique, posé sur un papier sensibilisé, laisse sa forme en réserve, alors que sur ses pourtours le papier noircit, silhouettant ainsi le motif en négatif. La pratique du photogramme est liée à la génèse de la photographie. Utilisé par Nicéphore Niepce (1765-1833), puis par Henry Fox Talbot (1800-1877), il fut admirablement exploité à la fin des années 1840 par Anna Atkins (1799-1871) à partir d’herbiers dont elle conservait la partie négative. Redécouverte dans les années 1920, cette technique devient un nouveau langage pour les avant-gardes. De nombreux artistes se livrèrent à des recherches en explorant véritablement les possibilités plastiques offertes par l’empreinte de l’objet sur le papier photo.

En fonction de leur nature, ces images sont uniques. Elles n’en sont pas moins significatives des multiples possibilités qu’offre la photographie de réinterprétations. Le photogramme laisse à l’artiste la possibilité de donner cours à toutes ses fantaisies et expérimentations. Cette extraordinaire précision des détails dans le rendu de l’objet et cette lumière chargée de dynamisme nous laissent presque croire que nous sommes en présence d’un phénomène surnaturel. Elles nous subjuguent alors même que l’image n’est qu’une simple transcription du réel.

Des artistes contemporains

Des artistes plus contemporains aborderont le photogramme à travers différents thèmes, tels ceux réalisés par André Villers autour de la nature ou la nature-morte pour Michel Graniou. Nancy Wilson-Pajic ou Simon Couvin montreront tour à tour des personnages grandeur nature ou des costumes réalisés à partir de modèles de grands couturiers. Enfin, Francis Daniel lui, s’attaquera à la matière même.