Peter Knapp , Sur le fil du film

30 juin 2009 -06 septembre 2009

Musée de la photographie

La Ville de Nice rend hommage à ce créateur protéiforme, en présentant 80 photographies Noir et Blanc, et couleurs au Théâtre de la Photographie et de l’Image. Ces œuvres, résolument plasticiennes, traduisent les réflexions et les recherches de Peter Knapp sur le film, élément premier et fondateur de l’image photographique.

Graphiste, directeur artistique, photographe, plasticien, réalisateur, le suisse Peter Knapp est un artiste inclassable des temps modernes. Créateur prolifique, il s’est toujours épanoui hors des cadres et des petites cases. Baptisé « l’œil » par Annie Le Brun, il ne s’est pas consacré à une technique, mais plutôt à une matière première : l’image sous toutes ses formes. A 78 ans, Peter Knapp déborde toujours autant d’idées, d’énergie créatrice et d’activités. De la France à la Suisse jusqu’à New York, il parcourt toujours le monde, son œil en alerte.

Cette exposition est également l’occasion d’une collaboration inédite avec le musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône qui présente au même moment  The last Waltz, rétrospective de l’œuvre de Peter Knapp.

La photographie de Peter Knapp ne s’enferme pas dans un style. Il ne s’est emparé du medium photographique qu’à l’occasion de sa collaboration au magazine Elle. La mode le passionne, il travaille avec Emmanuel Ungaro et André Courrèges dont il deviendra, pour ce dernier, Directeur Artistique.

Voulant déstatufier les images de mode, il révolutionne un milieu jusqu’alors figé. Peter Knapp est un artiste qui ne laisse rien au hasard. Tout a un sens pour lui. On lui demande de photographier une robe qui ne lui plaît pas ? Il choisit un fond très puissant qui vole la vedette au vêtement. Tirant parti d’une technique alors défaillante, il opte pour une caméra 16 mm filmant les mannequins en séquences très courtes avant d’en tirer des images fixes. En 1975, il prend ses distances avec la photo de mode et développe un travail de photographie plasticienne, avec l’exposition ‘La Photo et l’art contemporain’, aux côtés d’artistes comme Andy Warhol. Il fait alors partie du mouvement ‘Sky Art. C’est le début de ses célèbres ciels, immenses horizons bleus imprimés en cibachrome’. La subjectivité de l’œil le fascine, c’est ainsi qu’il intervient directement sur la pellicule, la gratte, la déchire. C’est au cœur de cette même démarche qu’il se lance dans les « décomposés/recomposés », découpages d’images allégoriques.

En marge des grattages, Peter Knapp multiplie les interventions de toute nature sur la photographie. Parmi ses expériences récentes, des négatifs couleurs tirés sans inversion : série des portraits de femme réalisée à la Réunion, aux tonalités si étranges. Il utilise le même procédé pour la série «  Il n’y a pas que du mazout sur la plage », qui esthétise la pollution provoquée par le naufrage de l’Erika.

Peter Knapp a réalisé pour cette occasion une œuvre, composée d’une centaine de clichés pris à Nice, qui est présentée dans l’exposition et restera dans la collection du Théâtre de la Photographie et de l’Image.