Stéphane COUTURIER, Photographies

29 juin 2012 -07 octobre 2012

Musée de la photographie

Série "Melting-Point" - Palais de Marbre, Nice 2012 © Stéphane Couturier - Coll. Musée de la Photographie

Le travail photographique de Stéphane Couturier fait l’objet depuis le début des années 1990, d’une excellente reconnaissance internationale. Ses images sont présentes dans de nombreuses institutions et collections en France et à l’étranger. Il a participé à de nombreuses expositions collectives dans le monde entier. Le Printemps de Cahors en 1996, le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg en 1999, les Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles en 2001, la Bibliothèque Nationale de France en 2004, l’Exposition Universelle, Aichi au Japon en 2005, la Photo Biennale de Moscou en 2006, entre autres, lui ont consacré des expositions personnelles. Son travail a été honoré par le Prix Niepce en 2003.

Stéphane Couturier a été amené à visiter les grandes villes et leurs banlieues. La ville, l’industrie, les paysages construits sont, pour lui, un moyen de questionner le rapport de l’œuvre au sujet représenté. Ce double aspect – l’investigation documentariste indissociable à la recherche plasticienne – caractérise l’ensemble de son œuvre photographique. Depuis 1994, Stéphane Couturier travaille par séries : Archéologie urbaine axée sur les espaces urbains en mutation, puis les Villes génériques, les Landscaping et les Melting Point dont la première série réalisée en 2005 est composée d’images numériques, réalisées à l’intérieur des chaînes de montage des Usines Toyota de Valenciennes. Depuis, d’autres séries ont été réalisées à Chandigarh (Inde) 2006-2007, La Havane 2006-2007, Barcelone 2008, Brasilia 2007-2009, Belfort usine Alstom 2009 …

C’est sur ce thème des Melting Point qu’une commande photographique sur le site du Palais de Marbre à Nice a été réalisée et présentée pour la première fois lors de l’inauguration de l’exposition.

Propos de Stéphane Couturier au sujet de la série Melting-Point

« Le concept à l’œuvre est de faire dériver l’aspect documentaire de la photographie, déplacer et dépasser sa dimension narrative tout en  gardant intacts les éléments documentaires qui la composent. Pour cela, l’idée est de photographier plusieurs lieux représentatifs de l’architecture niçoise en combinant deux prises de vues du même site et de les fusionner. Cela peut être la façade avant et arrière d’un même bâtiment ou bien l’intérieur et l’extérieur, ou enfin une photographie en champ et contre-champ réalisée depuis un point haut de la ville. Chacune des œuvres photographiques sera constituée de deux photographies fusionnées entre elles. Comme dans l’effet de persistance rétinienne, l’idée est de garder en mémoire deux couches de visualité du réel sur la même photographie.

Série Melting Point, Usine Toyota – Valenciennes n°2, 2005 © Stéphane Couturier, Courtesy Galerie Polaris
Série Melting Point, Barcelone – Parallel n°1, 2008 © Stéphane Couturier,
Courtesy Galerie Polaris

Cette stratification des deux photographies permet de jeter un regard plus complexe sur  la ville en montrant les différentes facettes d’un même site, mais aussi de définir le point de fusion à partir duquel la photographie bascule entre réalité tangible et réalité virtuelle. Ainsi, la réalité n’est plus faite de choses isolées, aux formes géométriques fixes, mais une réalité de flux, en mouvement et transformation continus. Chacune des deux images coexistent, se mêlent, fusionnent jusqu’à former une synthèse, une continuité entre deux images distinctes. »

Stéphane Couturier – Février 2012